Après l’annonce du nouveau gouvernement, le Premier ministre
ivoirien Guillaume Soro s’est prêté aux questions des journalistes. Nous vous
proposons de larges extraits de ses échanges avec la presse.
Le Rhdp a-t-il du mal à proposer des noms ou y a-t-il
des noms qui ont été proposés mais qui ont été refusés ?
(…) Du moment où les négociations continuent, je ne voudrais
pas entrer dans les détails. Mais comme je l'ai dit tout à l'heure, le
Gouvernement que je viens de proposer et de vous lire est conforme aux accords
que nous avons signés et dans la pratique puisque ce n'est pas le premier
gouvernement que nous mettons en place. Nous nous adressons aux responsables des
10 forces signataires de l'accord de Ouagadougou. Les responsables de ces forces
politiques nous proposent des noms. Et le Premier ministre et le chef de l'Etat
discutent avec les personnalités qui ont été proposées. Comme je dis pour
l'heure, voici les personnalités qui ont été déjà validées. D'autres
personnalités sont en instance d'être validées et d'être désignées. Pour
d'autres, les discussions continuent encore. Donc nous nous donnons toujours 48
heures. Par le dialogue, les discussions permettront de rapprocher les
différentes positions et faire en sorte d'avoir un gouvernement complet, uni et
solidaire qui participera au premier conseil des ministres. Les discussions
continuent et nous avons grand espoir que dans 48 heures, je serai en mesure de
vous annoncer que le gouvernement est complet et qu'il a commencé à
travailler.
Pourquoi il n'y a pas eu de communiqué final lundi
dernier ?
(…) Le président du Faso a jugé bon d'accorder des audiences
aux différents membres du Cpc. C'est ce qu'il a fait. Après ses concertations,
il s'est entretenu avec le chef de l'Etat. Et comme vous le savez, un communiqué
a été produit ce matin (Ndlr : hier matin) puisqu'on a passé toute la journée à
discuter. Il a peut-être manqué du temps pour finaliser tout ceci. Mais il est
évident que quand le président du Faso prenait son avion, nous nous étions
globalement mis d'accord sur les éléments que j'ai évoqués avec vous.
Les violences sur le territoire.
(…) En tant que Premier ministre et chef du gouvernement, je
voudrais lancer un appel à tous pour que la tranquillité et l'accalmie
reviennent dans votre pays. Des efforts sont en train d'être déployés pour que
tous les problèmes qui ont été évoqués trouvent solutions. Nous avons commencé
avec le gouvernement. Jeudi nous aurons terminé avec la Cei, nous aurons aussi
terminé totalement avec le gouvernement. Et je pense que ceci doit donner espoir
aux Ivoiriens. Ceci doit aussi contribuer à faire en sorte que la paix et la
tranquillité reviennent dans notre pays.
Le refus du Mfa d'entrer au gouvernement.
(…) Je n'ai pas encore reçu le courrier. Vous l'avez reçu plus
tôt que nous. Mais nous pensons que dans un pays comme le nôtre, nous pensons
que le dialogue est une arme. Dès que nous aurons le courrier, nous nous ferons
fort de discuter avec le président du Mfa pour trouver la meilleure voie pour
consolider la paix. En ce moment précis, l'objectif et l'urgence, c'est
d'organiser des élections. Vous avez vu dès hier (lundi dernier) au cours de nos
pourparlers, nous avons déjà donné cette période électorale qui court de fin
avril à début Mai (…)
En quoi la prochaine Cei sera différente de celle qui
est dissous.
(…) Dans le discours du chef de l'Etat, il a chargé le Premier
ministre de lui présenter une Cei. Dans les échanges que j'ai eus avec tous les
acteurs politiques et je l'ai dit en présence du facilitateur, nous avons
convenu de garder la structure de la Cei et de changer le président et les 4
vice-présidents. Il est évident pour moi que hier des opinions peuvent
considérer que la Côte d'Ivoire n'a pas la meilleure Cei du monde. Mais c'est
notre histoire. Ce pays, quand il a été indépendant en 1960, c'est d'abord le
ministère de l'Intérieur qui organisait les élections. Ensuite après des
tumultes, on a mis en place la Cosur. Après il y a eu la Cne. Et aujourd'hui, il
y a la Cei telle que nous la connaissons. Il est sûr qu'après l'élection
présidentielle ou les élections générales, peut-être dans quelques années,
tirant leçon des échecs de la Cei, des dysfonctionnements d'une Cei telle que
composée aujourd'hui, peut-être que les Ivoiriens de façon souveraine se
doteront d'un autre instrument électoral. Or pour l'heure, vu la configuration
du pays et la situation de crise que nous avons, il s'est trouvé que cette Cei a
été ainsi organisée dans un accord que nous sommes tenus de respecter. Je ne
suis pas là pour dire que c'est le meilleur instrument électoral que nous avons.
Il y a certainement des problèmes et on a constaté. Il y a certainement des
dysfonctionnements. Ce n'est peut-être pas la meilleure structure. Mais je dis
que les Ivoiriens doivent assumer leur histoire (…) A partir de l'instant où
nous sommes tombés d'accord qu'il fallait que les animateurs principaux
changent, je pense que ça devrait permettre d'avoir une nouvelle approche, une
nouvelle méthodologie. Et surtout ce que nous cherchons ici, c'est de rassurer
les Ivoiriens, de rendre crédible le processus électoral et que les Ivoiriens
reprennent confiance en leur Cei et que celle-ci adossée sur cette confiance
offre aux Ivoiriens des élections véritablement démocratiques et transparentes
(…)
Source : le nouveau reveil